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Soutien
20 avril 2011 3 20 /04 /avril /2011 00:01
 
Le fort de V... (je ne dis pas son nom tout de suite) fut construit entre 1876 et 1882 sur le système Séré de Rivières dans le cadre de la défense de Paris. Il fut un point stratégique pendant la Bataille de la Marne en 1914, puis fut brièvement utilisé en 1939 (comme Batterie de DCA) avant d’être pris par les Allemands qui s’en servirent comme dépôt de munitions jusqu’en 1944 - où ils firent sauter les munitions avant de se sauver.
 
Le 3 juillet 1952, l’Assemblée Nationale adopte le «Programme pour la réalisation du plan de développement de l’énergie atomique 1952-1957». En 1955 une équipe d'ingénieurs militaires s'installe donc là-bas pour faire du vieux fort un centre d'études qui commença à fonctionner dès 1956.
 
 
Que faisait-on là-bas ? Comme précisé dans la convention de juin 1955, il s'agissait d'un laboratoire où l'on y effectuait des «Etudes sur les poudres et explosifs, utiles à la réalisation d’armes nucléaires». Lorsque le Général de Gaulle décida qu'il fallait se doter de l'arme atomique, le CEA de V... (patience) fut fondé, et on se mit à travailler avec de l'uranium naturel ou appauvri (qui permettent de déclencher une réaction nucléaire).
 
Ces essais appelés «tirs à froid» avaient lieu dans des salles plus ou moins grosses, et même en plein air dans les fossés du fort. Ces explosions dispersaient des morceaux d'uranium. Les divers déchets issus des expériences étaient ensuite incinérés à l'air libre et des rejets de mercure ont été effectués dans le réseau des eaux usées avoisinant. En ce qui concerne les explosions ayant eu lieu dans les fossés, les lieux de l'impact étaient lavés aux grandes eaux, puis dispersées dans de profonds puits de lavage.
 
 
En 1996, Chirac annonce la fin des essais nucléaires. Le personnel du CEA de V... se retrouve alors en sous-effectif, et pressés de finir leur travail. Cette pression fit qu’une nuit de 1996, toutes les règles de sécurité ne furent pas respectées : il y eut un gros flash, et le lendemain, l’herbe autour du site était bleue. On trouva également sur les feuilles des arbres (celle dont la face était tournée vers le site) une couche blanchâtre. Le Maire demanda alors des comptes et les gens du CEA de V... avouèrent qu’ils travaillaient sur du nucléaire.
 
Le CEA de V... ferma ses portes le 31 décembre 1997. Mis aux enchères, une commission d’enquête fut alors créée afin de déterminer si le Fort était en bon état. Normal. Sauf que le Commissaire-Enquêteur de cette commission était un ancien du CEA de V... donc juge ET partie. C’est là que les choses (qui n’étaient pas jolies jolies) commencèrent à devenir franchement glauques.
 
On apprit que du béton avait été coulé dans trois (sur neuf) des fameux puits de lavage (contaminés), ce qui rendait toute expertise impossible quant à l'impact de ce qui se passait au CEA de V... sur la nappe phréatique. 35m de béton, c'est dur à casser.

Mais puisque le Commissaire-Enquêteur nous dit que tout va bien, pas de raison de s’en faire pas vrai ? D'autre part, nulle trace dans le rapport sur la mesure de radioactivité des ruisseaux, des sources, des cours d’eau ou des nappes sur site (et hors site). Rien non plus sur la migration des effluents radioactifs rejetés dans les puits perdus.


D'autre part, le Commissaire-Enquêteur donna quelques croustillants conseils dans son rapport. Ces conseils, on peut les résumer à : «Faites ce que vous voulez, mais ne construisez ni école ni habitation. Et si il vous arrivait de creuser, arrosez tout ça à grandes eaux, et faites en sorte que les ouvriers soient isolés des gravats et ne respirent pas les poussières.» Rassurant.
 
 
Ce que l’on sait (grâce aux gens qui sont entré dans la zone munis d’un compteur Geiger), c’est que dans certaines zones du site la radioactivité dépasse les 100 ou 200 becquerels - au lieu d'une dizaine de becquerels naturellement. En soi, ce n'est pas énorme, mais dès qu'on commence à mesurer les taux du sous-sol, ça fait peur.
 
 
Lorsque «l’affaire» fit un peu parler d’elle, le CEA (l'organisme) consentit à réaliser une dépollution de 1000m² - mais sur seulement 50 cm de profondeur. Pour ce qui est des puits bouchés, l’expertise est difficile (c’est dur de savoir ce qui se passe sous 35 mètres de béton), et «en principe», un puits (un seul, le P3) sera bientôt expertisé pour voir si il a pu contaminer la nappe phréatique.
 
 
Le site sera gardienné jusqu’en avril 2009. Son gardiennage n'aura pas été de tout repos. Le site était trop grand, les gardiens se faisaient agresser par les gens du voyage qui faisaient des pieds et des mains (clotûres défoncées etc) pour entrer sur le site et piquer tout ce qui était écoulable...
 

A peine les gardiens partis, l’ensemble du site sera ratissé pendant une année entière. Là où c’est rigolo, c’est qu’on ne sait pas si les voleurs étaient au courant qu’ils emportaient des trucs potentiellement contaminés (plaques d’égouts, portes blindées, protections des fameux puits). Je vous laisse imaginer l’aspect drolatique d’un gars qui refourgue du métal contaminé à droite à gauche (ainsi que les revendeurs peu scrupuleux qui se fichent bien de connaître la provenance du matos). Il a fallu que l’association Robins des Bois bouge le gouvernement pour que finalement l’armée vienne déloger les campeurs.

 
 
Dernière anecdote en date : le site est riche en gypse (ça sert à fabriquer le plâtre). Une entreprise de Placo-Plâtre, installée depuis un moment, exploite ce gisement dans une carrière à ciel ouvert juste à coté du Fort (celle à gauche du site sur la photo satellite plus bas) mais cette carrière tend à s'épuiser. Or, le sous-sol du site, jamais exploité, est riche en gypse.
 
L'entreprise a d'abord refusé de racheter le site parce que trop cher, puis parce que trop contaminé, avant de finalement l'acheter quand même en disant qu'ils ne fabriqueraient pas de plâtre à partir de ce gypse. Le site fut vendu à 10€ le mètre carré (oui oui) et l'entreprise fit ses propres relevés qui confirmèrent que le sous-sol (celui dans lequel se trouvent les fameux neuf puits de lavage) était bien contaminé. Le gypse de la carrière à ciel ouvert est théoriquement clean, mais comment savoir que cette entreprise ne fabriquera pas de plâtre à partir du gypse contaminé ? Et surtout, il est où ce site hein ?
 
 
 
 
La zone contaminée a une taille de 50 hectares et couvre également les communes de Courtry (Seine-et-Marne) et de Coubron (Seine-Saint-Denis). La DREAL(Direction Régionale de l’Environnement, de l'Aménagement et du Logement) a officiellement reconnu que la zone était contaminée par de l'uranium naturel et appauvri. «Les maladies thyroïdiennes ont doublé en dix ans» nous dit Ludovic Toro, médecin généraliste à Coubron.

 

En résumé, on fait tout un foin du nuage de Fukushima, enfin ce qu’il en reste (il s’est dispersé, il n’ya pas UN nuage, mais plein de petits éparpillés) alors qu’à une dizaine de kilomètres de Paris, sous une grande colline, y’a des puits contaminés qui ont du bien saloper les nappes phréatiques des environs. Sympa hein ?
 
Et encore, là on ne parle que de ce qui a pu être mis au jour «grâce» à certains événements (herbe bleue, fermeture du site, anciens du CEA de Vaujours qui se mettent un peu à parler etc). Qui sait s’il n’y a pas d’autres sites comme Vaujours un peu partout ?
 
 
 

De nouvelles informations sont apparues :La CRIIRAD a validé les mesures faites par l'Association l'Effort de Vaujours : le taux de radiation sur le site est 30 fois au-dessus de la norme. Jusqu'à présent, Placoplatre/St Gobain avait toujours nié la contamination du site. Autre information : Dès 2003, le CEA avait préconisé une interdiction totale d'activité. Les Prefets de l'époque ont tout de même validé la vente du site. Etaient-ils au courant ? Sont-ils passés outre ? Cliquez ci-dessous pour un article instructif (daté de 2011).

 

Mise à jour du 6 Mai 2015 : L’état donne son feu vert à Placoplâtre pour démolir le Fort de Vaujours (et ainsi procéder à l’extraction du gypse (contaminé) sur place). Pour plus d’informations sur cette information qui fait froid dans le dos, rendez-vous ici.

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commentaires

kiki 13/06/2018 20:42

maintenant, mon respect envers la race humaine a disparu

Tim 18/06/2018 19:45

Oui c'est une sombre histoire, ce Fort de Vaujours...

Samaritain 19/07/2015 21:36

Bravo,
Je n'avais pas vu cette note !
Toute la philosophie du nucléaire français (voire du nucléaire tout court), est résumée à une échelle macroscopique dans ta note.
On vous dira toujours "nan, mais ça c'était avant !" alors que rien n'a changé. Le mensonge, la dissimulation, et la mise en danger des populations font et ont toujours fait partie des valeurs de la nucléocratie. #LeNuageDeTchernobyl #EPR #SaintLaurentDesEaux

Tim 20/07/2015 13:50

Ah je pensais que tu connaissais déjà cette note, héhé. Oui quand on voit ce qui se passe un peu partout avec tous les "petits" incidents arrivant sur quelques centrales, ça fait un peu peur...

morsual 25/06/2015 12:53

Merci pour cette mise à jour ! Je commençais justement à me demander ce qu'il en était de ce site !

LienRag 04/02/2014 10:51

L'objectif militaire du CEA était à peine voilé, dès sa création.
Et quand on connait De Gaulle, et le point d'honneur qu'il a mis à redonner sa place à la France (dans un premier temps en tant que nation vainqueur de la 2eGM, puis en tant que nation principale
dans le monde), il est évident qu'il voulait égaler les États-Unis sur ce point, afin d'affirmer puissance et indépendance.

alcha 03/02/2014 13:29

Bonjour.
Je n'ai aucune animosité envers qui que ce soit ici ! Je souhaitais juste clarifier certains points.
Le déchainement médiatique concerne l'association "blog des Abesses" et le collectif "sauvons la Dhuis" qui remet sur le tapis les histoires de pollution importante du site, les cancers des
habitants de Courtry, ...
Les camionnettes chargées la nuit, fait référence aux déclarations de Baudouin.
L'herbe bleue et les arbres blancs, j'en ai jamais entendu parler alors que je travaillais sur le site, à un poste qui me permettait de savoir beaucoup de choses.
Concernant la genèse de l'armement nucléaire, je ne peux que maintenir mes affirmations. Certes, le Général a créé le CEA en 1945, mais les vrais débuts de l'armement nucléaire français datent de
1954.
le président du Conseil Pierre Mendès France signe le 26 octobre 1954 le décret instituant une Commission supérieure des applications militaires de l'énergie atomique et, le 4 novembre, un arrêté
créant au sein de celui-ci un Comité des explosifs nucléaires, démarrant officiellement le programme nucléaire militaire français
Bonne journée !

LienRag 03/02/2014 10:13

Ah j'avais oublié : pareil, je ne sais pas d'où sort cette histoire de chargements nocturnes..

LienRag 03/02/2014 10:08

Salut Alcha.

J'avoue que je ne comprends pas bien pourquoi tu reviens à la charge quasiment 2 ans après la première fois et de telle manière. Je ne sais pas quels sont les "développements médiatiques" dont tu
parles. Mes dernières infos datent de juillet 2012 quand j'avais revu Lisa au fort.

Je suis très étonné de ton commentaire :
-concernant l'anecdote de l'"herbe bleue", il est clair dans nos têtes que c'est une info sourcée mais non vérifiée ; concernant le mercure pareil : Tim n'est pas un journaliste d'investigation, il
fait avec les infos qu'il trouve et les compile mais ne prétend pas avoir la capacité ou la possibilité de vérifier.
-concernant les réactions nucléaires, on est sur un blog grand public, on ne cherche pas la nuance scientifiquement exacte. L'étage détonation a été testé au fort, c'est un fait, si les termes
exacts n'ont pas été utilisés, ça ne me semble pas très grave (dans le cas d'un blog de dessin...). Personne n'a jamais prétendu qu'une bombe a explosé au fort.
-je ne sais même pas de quoi tu parles avec la "fameuse photo".
-pour les tirs en fossé, tu joues sur les mots, tu sais bien qu'il y a _au moins_ une casemate dans les fossés, avec pont roulant de chargement.
-quant à De Gaulle qui ne serait le "grand architecte" de la bombe nucléaire française, ça devient franchement de la mauvaise foi. Et que vient faire le fait que c'était un gouvernement socialiste
? mystère...

Donc voilà, tu arrives hors de propos et tu entends méthodiquement démonter tout ce qui a été dit... ...en finalement n'apportant que des nuances qui importeront peu à la cible de ce billet...
Je ne comprends pas une telle animosité.

alcha 02/02/2014 13:19

Coucou ! Je reviens ici suite aux récentes évolutions médiatiques concernant le CEV. J'y ai travaillé de 1985 à 1997, donc jusqu'à la fermeture.
Je suis désolé de rompre le charme, mais il n'y a jamais eu d'herbe bleue, ni d'arbres blancs. J'y étais en 96, jamais entendu parler d'arbres blancs.
Pareil pour les hommes en blanc chargeant des camionnettes la nuit (dixit Baudouin).
Les élus des communes proches étaient informés de ce qui se faisait (enfin, de ce qui n'était pas protégé par le secret défense). Mais ils savaient fort bien qu'au CEV on ne travaillait pas sur les
avions.
Je me souviens d'une Fete de la Science en 1993-94 où les membres de conseils municipaux avaient été invités. Je dois avoir une ou deux photos dans mes boites à papiers !
Il n'y a JAMAIS eu d'activités nocturnes, et surtout pas des tirs ! Il n'y avait que les équipes de pilotage des ordinateurs qui travaillaient la nuit (et les équipes de gardiennage, bien sûr).
La célèbre photo de tir froid semblant avoir été faite la nuit est un tir effectué à Moronvilliers, et l'impression de nuit vient du contraste entre les flashs utilisés pour éclairer la dalle de
tir et le fond.

On ne déclenche pas une réaction nucléaire avec de l'Uranium naturel ou appauvri.
Des rejets de mercure ? Jamais vu de mercure utilisé dans des tirs.
C'est pas De Gaulle qui a décidé de doter la France de l'arme atomique. L'affaire était lancée dès 1954 (à l'époque, le gouvernement était ... socialiste !!) , donc bien avant l'arrivée de DG au
pouvoir.

Jamais eu de tirs dans les fossés.
Bon, j'arrête, il faudrait revoir presque toutes les affirmations. Mais les dessins sont toujours aussi beaux !!

Karal 10/09/2013 15:19

Incroyable !
Merci pour ces informations

Pauline 02/06/2013 00:13

Génial, j'ai passé les trois premières années de ma vie dans un quartier de lotissement à Courtry !

alcha 05/07/2012 23:09

Nan, je parle bien de Vauhallan, que je connaissais pas. L'avenir d'Orgemont, je connaissais par le site de l'Isa.
Les deux sont de tristes exemples de la con...rie humaine, et de notre temps, pas du moyen âge !
Au plaisir d'une rencontre dans les gravats du CEA !

Tim 05/07/2012 10:25

Alcha : Merci pour ton commentaire ! Concernant l’histoire de Vauhallan, je pense que tu voulais parler de l’Avenir Social d’Orgemont, et c’est vrai que l’histoire de cet endroit n’est pas
reluisante, et franchement triste pour les gosses là-bas. (Vauhallan n’a duré qu’un an et n’a pas la même histoire.) Au plaisir de te voir à Vaujours un de ces quatre, avec LienRag ! ^_^

Lien Rag 05/07/2012 09:59

Le vous au tu c'est le passage "ah mais on a des contacts en commun" :)

Les dessins et les histoires sont de Tim ; il m'a juste proposé de répondre à ton commentaire parce que je connais plus le site et son histoire que lui (mon passif au CEA et les recherches faites
avec Lisa).
Tim et moi avons la même activité (l'exploration de lieux abandonnés) et la même sensibilité (la recherche sur la vie _avant_, la préservation, le côté humain, le gâchi, etc.) d'où le fait qu'on se
file souvent des tuyaux, qu'on explore parfois ensemble ; c'est moi qui lui ai parlé du fort - mais je connais les forts SdR grâce à lui :D
Tim en parle en dessins, moi sur mon podcast.

Mais on se croisera surement sur site, je vais voir avec Lisa si je peux vous rendre visite :)

alcha 04/07/2012 22:39

J'aime le passage du vous au tu !!
Y'a effectivement bien des choses à dire sur le CEV et le CEA. RdV chez l'Isa !!
Je réitère mon émerveillement devant ton oeuvre !
L'histoire de Vauhallan m'a humidifié les yeux. Quel gachis tant humain (les mômes sont autant considérés que des cailloux) que matériel (une superbe installation abandonnée au bout d'une vingtaine
d'années) sans parler du personnel !

Lien Rag 04/07/2012 17:07

@Alcha : AHH mais tu connais Lisa en fait :)
Bon bah pas la peine de me contacter, c'est vers elle que je voulais t'aiguiller.

Lien Rag 04/07/2012 16:20

@Alcha : L'histoire de l'herbe bleue est une anecdote retrouvée plusieurs fois mais non vérifiée. Il se peut que ce soit une légende urbaine (antérieure à internet) répandue dans la population
locale. Quoi qu'il en soit, il y a eu à cette époque (~96) un évènement qui a poussé les mairies de Vaujours et Courtry à se poser des questions, et qui les a amenées à se rendre compte qu'on leur
avait menti sur le caractère aéronautique des recherches.

Je comprends tout à fait que l'état français (et le CEA en particulier, issu de la grande muette) n'aient pas communiqué sur Vaujours, secret défense.
Je veux bien croire que les employés n'aient pas été des kamikazes. Cependant. On a retrouvé des documents attestants de plaintes (des employés) pour cause de sous-effectifs. De même, j'ai
également travaillé au CEA, et vous savez donc comme moi que tout n'est pas clean, que certaines décisions sont prises en se disant que "ce n'est pas trop grave" alors qu'elles vont à l'encontre de
la sécurité, surtout si le site est abandonné par le CEA quelques années après. Les nettoyages de déchets d'uranium, dans les puits de lavage, non loin des nappes phréatiques, sont un exemple parmi
d'autres. Enfin, j'ajouterai qu'un employé tient a son poste et fait parfois des sacrifices moraux - et que le droit de réserve dans l'armée est très théorique.

Au final, le plus gros des reproches faits concernant Vaujours sont les explosions en air libre qui ont mené à une radioactivité 10x supérieure à la radioactivité naturelle et les puits de lavage
qui ont contaminé les sols en profondeur.
Ces deux points sont reconnus par des gens du CEA comme par leur ennemis naturels, la CRIIRAD :)
À cela, ajoutons la décontamination du site qui fut une blague, et surtout l'abandon du site sans surveillance, laissant les ferrailleurs démonter peu à peu toitures et portes blindées, laissant
des matériaux potentiellement contaminés disparaitre dans la nature (d'où la question : est-ce à dessein ?)

Ceci étant, je connais quelqu'un qui serait ravie de discuter avec vous de votre vie au fort ; envoyez-moi un email si vous êtes intéressé.

alcha 04/07/2012 15:38

Bonjour. Je découvre ce site terriblement agréable à lire et REGARDER ! Il se trouve que j'ai travaillé à Vaujours entre 1985 et 1997. J'ai maintenant 62 ans et toujours pas mort, ni malade. Cette
histoire d'herbe bleue, c'est du sérieux ? Car j'en ai jamais entendu parler. Une petite remarque : le CEV était une installation secrète, travaillant pour la défense nationale. Cela devrait
suffire pour comprendre pourquoi le CEA n'a jamais communiqué sur les activités qui se déroulaient à Vaujours. Est-ce qu'il y a beaucoup de communication sur les fabrications de
défoliant/desherbant et autres saloperies chimiques ou, pire, agro-alimentaires ? Ensuite, les personnes travaillant à Vaujours n'étaient pas des "kamikazes". S'il y avait des dangers, tant
chimiques que nucléaires, ils auraient été les premiers à s'en protéger ou à faire appliquer les droits de réserve. Je ne dis pas que tout était "clean", mais on faisait attention.

chris 01/02/2012 08:44

waouw....ça me rappelle un livre de ryu Murakami. c'est dingue cette histoire!

Deedoff 08/11/2011 15:57


Bonjour,
Des infos sur http://radioprotection.eklablog.com/search?q=tchernobyl


Tim 14/09/2011 21:42


Gillou : Merci j'ai modifié ! :)


gillou 13/08/2011 11:08


juste pour signaler que d'apres le site du gouvernement, le lieu est désormais "VENDU"

http://www2.budget.gouv.fr/cessions/rif.htm


Tim 27/05/2011 07:56


Belzeran : Merci, j'ai corrigé :)


Belzaran 27/05/2011 07:52


Article très intéressant et documenté ! Je me permet de te corriger sur un point (comme tu es très précis) : les DRIRE, ça n'existe plus, on appelle ça les DRÉAL maintenant.


Niluje 07/05/2011 00:51


Putain c'est à quelques rues de chez moi...


Mawy 29/04/2011 20:32


Les risques, les risques... Mon reup a mangé des patates Biélorusses de la zone interdite environ deux ans après le sinistre, et aujourd'hui il a la maladie de Vaquez, dite "du-sang-qui-pourrit".
Mais ne sombrons pas dans le passéisme à bougies, la France aime le nucléaire, d'amour.


Tim 28/04/2011 10:06


Polo : A ma connaissance il n’y a pas de photos, mais c’est ce qui fait que la Population/Mairie a demandé aux gens du CEA ce qu’ils fabriquaient là-bas. Je ne pense donc pas que ça soit du bidon
(mais j’aurais bien aimé voir des photos de l’herbe). Sinon, concernant le « infini », j’utilisais ce mot dans le sens où pour moi, plusieurs millions d’années, c’est une période assez longue pour
qu’on parle d’infinité :o)

Nelson : Merci !

Chloé : Mais oui faut arrêter ! ^_^

Lien Rag : Merci pour cette précision sur l’infini, héhé. Merci aussi pour les infos sur l’autre CEA ! C’est vrai que si le ministère refuse de lâcher le site, c’est qu’il ne doit pas être tout
propre tout propre…

Médard : C’est le plus beau commentaire que tu pouvais me faire, MERCI !


Médard 27/04/2011 22:38


Merci TIM !

Cet article est édifiant ;->

Et il faut venir sur ce blog dit "de détente" pour entendre parler de ça, alors que les blogs "sérieux" n'en parlent pas !!


Lien Rag 22/04/2011 09:34


Polo : la demi-vie de la plupart des éléments utilisés pour les expériences à Vaujours est tellement longue par rapport à une vie humaine (genre plusieurs millions d'année) qu'on peut la considérer
comme infinie du point de vue du contaminé, tu ne crois pas ?

@Tim/Nomad : ya pas grand chose à dire sur le CEA de la tête morte. Il a été créé dans une batterie (et pas un fort) dont il reste peu de choses. Officiellement, le site ne faisait pas
d'expériences radioactives, seulement des lasers et des superordinateurs. Or, avec les lasers, ils essayaient de déclencher des réactions avec... du gaz radioactif ^^ Pour les superordinateurs, ils
servaient à modéliser des explosions. Le site a été abandonné lorsque le superordinateur suivant a été mis en place, sur un autre site (celui de Bruyères le chatel il me semble mais je ne suis plus
sûr).
Au CEA de la tête morte, il y a quand même des mottes de terres bizarres et des murs en blocs de bétons préfabriqués (un peu comme à tchernobyl), et le fait que le ministère refuse de la cher la
place me font penser que tout n'est pas aussi clean que dans leur bilan officiel.


Chloé 21/04/2011 21:33


...
Nan, mais arrête d'insulter le nucléaire, c'est grâce à ça qu'on à l'électricité.

:D


A.Nelson Sindfoul 21/04/2011 17:46


Enquête très intéressante^^


Polo 21/04/2011 11:31


A-t-on une explication sur le pourquoi de l'herbe bleue et de la croûte blanche sur les feuilles ? Des photos ? C'est un évènement très récent celui-là, il devrait y avoir des preuves quelque
part.

Correction sur la contamination : oui en absorbant des particules radioactives on est constamment exposé aux radiations émises, et non les radiations ne sont pas "infinies". La radioactivité est
décroissante au cours du temps, suivant une loi de décroissance exponentielle régie par un temps de demi-vie propre à chaque isotope radioactif (= à chaque fois qu'un intervalle de ce temps
s'écoule, la radioactivité diminue de moitié pour un même échantillon radioactif)

Et même remarque qu'un commentaire plus haut: le CEA existe toujours, c'est un organisme de recherche au même titre que le CNRS et n'est pas confiné à un site.


L'Isa 21/04/2011 10:34


yep joli travail Tim !

Nous avons hésité (je suis la présidente de l'assoce l'Effort de Vaujours" entre ce nom et effectivement comme le dit un intervenant "vos jours sont comptés"......
L'hyppothèse d'un gypse potentiellement contaminé est un casse tête pour plako qui nettoie comme il peut toutes les roches radioactives des murs du fort central (1,71microsievert/heure) et fore
sans relâche dans les entrailles du fort depuis deux mois......
La question est : que font-ils des dechets compte tenu que les servitudes frappant ce site interdisent la sortie de tout gravas et terres issues de travaux......
à suivre......
Nous allons toujours sur le site pour suivre les opérations en cours..... Nous organisons des "stages rapides de formation à l'infiltration" ou "comment éviter les vigiles et leurs
malinois"......
PS : Coucou Hal......

Encore un grand merci et un bravo sonore à Tim pour son travail !!!

ah sinon bon sang j'ai lu que quelqu'un est allé à Tchernobyl !!! y a moyen de visionner cette visite ? siouplé un lien, oui ? non ?
merci !

L'Isa


Tim 21/04/2011 09:33


Hal : De rien, merci à toi !

Amy : C’est un beau jeu de mot effectivement.

Luluu-gah : J’aurais bien aimé aussi voir une photo de cette herbe… ^_^

Scribe : Je ne sais pas si les gens du CEA veulent garder cette histoire vraiment enfouie dans la mesure où la contamination de l’endroit a été officiellement reconnue par l’état, mais c’est sur
que moins on en parle, et moins glauque est l’image du CEA, du moins celui situé à cet endroit. Sinon c’est vrai que c’est rigolo les tests à ciel ouvert, tout est plus sympa à ciel ouvert :o)

Fabienne : Merci !

Nomad : Héhé, « dossier » tu y va fort, mon intention était juste d’en parler en me documentant un minimum… Mais merci du compliment ! J’aimerais bien y aller en fait, je connais une personne qui y
va assez souvent, donc bon, peut-être, à voir. Pour l’autre CEA, celui de la tête morte, je connais pas son histoire, mais j’en ai fait une courte note ici je sais pas si tu t’en souviens :
http://www.acupoftim.com/article-35655351.html

Eva : Mais de rien.

Mistur : Ah désolé je ne pourrais pas y être, mais je garde l’adresse pour y revenir.

Chris : Un petit peu, un petit peu :o)

M688 : Ah ça, la dissuasion nucléaire, tout un programme !

Grungi : Merci beaucoup beaucoup !

Jarine : Merci encore.

Ainga A : Je suis prêt à prendre l’avion pour aller à Tchernobyl, mais ce truc pas loin de Paris, vu que pas grand monde en a parlé, que ca a été abandonné vite fait, ça me fait bien plus peur que
Tchernobyl où on sait exactement quels sont les risques etc. Peut-être que je me fais des films et que l’endroit n’est pas si terrible que ça, je sais pas.

Carlos : Tu as tout à fait raison. Mais dans cet article je ne dis pas spécialement que si on se promène dans l’endroit ça craint vraiment niveau radiation/contamination, je parle plutot de la
manière dont a été abandonné le site, et ce qui s’y passe en-dessous avec les puits de lavage qui ont été bouchés etc. Comme le dit Fabien, c’est surtout pour la nappe phréatique que je m’inquiète
:o) Magnifiques photos au fait !

Médéric : A mort, ouais !

Blah_patik ; Tu as tout à fait raison ! Le problème de mon article c’est que je tiens à dire le nom de l’endroit *que* à la fin, donc je dis « CEA » comme si c’était un bâtiment. Je vais voir pour
remixer un peu l’article et qu’on pige mieux que je parle d’un lieu, et non de l’organisme :o) Merci !

Stef ; Haha, ouais ça serait plutôt amusant : imagine tu chopes un truc, comment veux-tu deviner que c’est à cause du plâtre que t’as utilisé ? ^_^


Stef 21/04/2011 09:05


Merci pour cette note très instructive sur les dérives scientifiques de l'état. L'herbe bleu cela doit être très tripe LSD, mais içi la réaliter dépasse comme toujours la fiction en ce qui concerne
la bétise humaine.

J'imagine bien des placo-platre pollué dans des appartement avec de la peinture au plomb....


blah_patik 20/04/2011 23:26


Bon sinon on est d'accord que le CEA c'est bien un organisme public (qui existe toujours) et pas un bâtiment spécifique? C'est un peu ambigu dans le post :-)


médéric 20/04/2011 19:33


radioactivé tim!!!!


Fabien 20/04/2011 15:30


"Si pollution il y a ce n'est pas dans le fort ni dans les sols ou eaux a porté de compteur, éventuellement bien enterré mais je n'ai pas les instruments pour faire ce genre de recherches."

@Carlos: La pollution dont il est question dans cet article est *spécifiquement* celle de la nappe phréatique :)


Carlos 20/04/2011 15:23


Hello ! Le strip est bien sympatique mais je tiens a rectifier les mesures.

J'ai visité plusieures fois le site exterieur / interieur de décembre 2010 à Janvier 2011 avec 2 compteurs Geiger modernes (capteurs Gamma / Beta) . Je n'ai non seulement rien trouvé d'anormal,
mais comme souvent dans les souterains profonds, moins de radiation ambiante que dans Paris par exemple (zones de blast comprises). Si pollution il y a ce n'est pas dans le fort ni dans les sols ou
eaux a porté de compteur, éventuellement bien enterré mais je n'ai pas les instruments pour faire ce genre de recherches. J'ai aussi visité Prypiat et Tchernobyl, d'ou l'équipement. Des clichés des
deux zones sur mon site : http://www.pardo-photography.com/UrbanExploration3#1 et http://www.pardo-photography.com/PripyatTchernobyl#1


Ainga A 20/04/2011 14:36


Je cherche l'erreur et donc... C'est la distance, peut-être ?


janine 20/04/2011 14:13


Superbe article ! Hyper intéressant et très bien fait ...


grungi 20/04/2011 11:26


Waw! :D
Je m'attendais pas à un article comme ca mais bravo! beaucoup de recherche de ta part et beaucoup d'intérêt du notre!


M.688 20/04/2011 11:19


A la lecture de l'article il me vient l'image du mec qui glisse le miettes sous le tapis et se barre en sifflotant.

Tout ça pour une arme qui n'est finalement que dissuasive... "c'est moi qui ait la plus grosse !"


Chris 20/04/2011 10:05


Oh purée ! Ca fait peur, qd même .. !


mistur 20/04/2011 09:22


très intéressant, merci !

sinon, y a une expo qui commence aujourd'hui à l'escargot bar (50 rue de la vilette dans le 19ème) sur Tchernobyl.
Le vernissage est demain soir.


lien fb : https://www.facebook.com/event.php?eid=202899653067946&index=1


eva 20/04/2011 08:12


Merci pour ton travail Merci de renseigner.


Nomad 20/04/2011 05:35


Ah Vaujours et ses légendes, sans doute un des sites les plus 'poétiques' de l'explo urbaine !
Joli dossier court mais percutant, bien réalisé ... Je sais pas pourquoi ça me donne toujours pas envie de faire ce Séré là :)
Sinon si tu es inspiré j'aimerais bien voir ce que donnerait sous tes feutres un autre Séré à CEA, celui de la tête morte ...


Fabienne 20/04/2011 05:34


Très bel article. Merci Tim.


Scribe 20/04/2011 02:17


Sympathique ! Intéressant d'avoir déterré cette histoire que j'imagine beaucoup aimeraient garder enfouie. Z'étais quand même totalement inconscients à l'époque de faire des tests comme ça à ciel
ouvert. Ah, le temps béni de l'avant Tchernobyl où la contamination s'arrêtait aux frontières et ne sortait pas des puits...


Luluu-gah 20/04/2011 00:59


Bon dieu .... Mon père vit à courtry ... J'ai peur .A.

Sinon article tres interessant ... je trouve ca vraiment super glauque ...

Mais j'aurais bien voulu voir l'herbe bleue xD


Amy 08/04/2011 21:37


Le site porte très bien son nom, on dirait un message subliminal : "Vaujours" sont comptés !