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Soutien
3 décembre 2011 6 03 /12 /décembre /2011 00:01
Son nom ne vous dira surement rien si vous avez moins de trente ans et que vous ne vous intéressez pas à l’animation Japonaise : Shingo Araki est le character designer de Saint Seiya (Les Chevaliers du Zodiaque). Il a également travaillé sur Lady Oscar, Ulysse 31... En fait, en consultant sa fiche IMDB, on tombe un peu de son fauteuil en voyant la liste de toutes les séries sur lesquelles il a travaillé (que ce soit en tant que character designer, layout designer, animateur, directeur de l’animation etc) Michi Himeno travaillait avec lui depuis 1973. Dans beaucoup de séries, ils signaient "Shingo Araki & Michi Himeno". Le dessin dynamique de l'un allié à l'élégance des personnages de l'autre était immédiatement reconnaissable.
 
 
Quand c’est Shingo Araki et Michi Himeno qui dessinaient un épisode des Chevaliers du Zodiaque, ça se voyait. L’animation y était un peu plus fluide, les cadrages un peu plus travaillés, et surtout, c’était d’une incroyable puissance. Presque toujours plusieurs personnages dans un plan, perspectives évocatrices, souplesse (et sensualité) des corps, visages androgynes aux mèches acérées. Les scènes violentes possédaient une charge graphique exceptionnelle : corps lacérés comme de vulgaires feuilles de papier, présence de nombreux traits, et surtout, des yeux injectés de douleur qu’on s’attendrait presque à voir éclater comme du cristal. La patte du tandem était marquante au point que, tombant sur un épisode sur lequel il n’avait pas travaillé, on en était déçu.
 
 
Aussi loin que je me souvienne, quand j’ai commencé à dessiner, enfin, recopier ce que je voyais autour de moi, c’est le travail des deux qui m’a le plus influencé. En regardant (plusieurs fois de suite) les épisodes sur lesquels ils avaient travaillé, à coups d’arrêts sur image, d’analyse et de patience, j’ai appris, gamin (bien avant le collège et mes études d’arts en lycée) comment rendre un dessin dynamique, comment le composer, comment placer des personnages. Ils furent mon premier vrai professeur de dessin. Un professeur dont je ne connaissais (à l'époque) pas le nom, à la fois invisible et extrêmement présent.
 
 
Aujourd’hui encore, quand je dois dessiner deux personnages se battant en duel, je me demande la tête que ça aurait dans Lady Oscar. Quand je dois dessiner un cadrage un peu dramatique, je me demande comment il l’aurait composé dans Ulysse 31. Quand je dois dessiner un personnage blessé, je me demande comment ça se serait matérialisé dans les Chevaliers du Zodiaque. Et quand je considère qu’un de mes dessins est réussi, je me demande si ça leur plairait, en priant pour qu’ils ne grillent pas que les mèches de mes personnages, ce sont les leurs.
 
 
Shingo Araki s'est éteint le premier décembre dernier au Japon et il fut une énorme influence pour moi.Je n’ai pas honte de dire que j’ai chialé comme une fillette en apprenant son départ.
 
araki.5
 
  (Pour plus d’informations, voir le commentaire de Nao.)
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