Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

 
Facebook
DailyMotion
Google +
Twitter

 

 
 
BD
CV
Portfolio
E-Mail
Presse
Agenda
Quotidien Survival

Categories
 
Explorations
Le Monde du Travail
Midsommar
Rêves
Magma
Enervations
Stockholm
Photos
30 Jours de BD
30 Jours de BD

Pages
 
Domaine
Ruban
Village
Ruban
Ruban
Reve
Piscine
Aquarius
Maison
Neige
Nuage
Nygarda
Ruisseau
Totoro
Faces
Bots
Ecureuils
Eglise
Histoire
Marguerite
Old
Michael
Selma
Quiberville
Quiberville
Quiberville
Quiberville

Selma
 
Dessins à Vendre
Tshirts
Liens
Soutien
20 septembre 2017 3 20 /09 /septembre /2017 07:00

«Ca» raconte l'histoire d'un groupe de gamins (le « Club des Losers») joignant leurs forces pour tuer un esprit démoniaque tuant les enfants de la ville de Derry - et accessoirement semblant régner sur cette dernière. La particularité de cet esprit/monstre est de se transformer en ce qui nous fait peur. Un démon polymorphe prenant l'apparence de ce qui nous fait peur, mais plus apparaissant le plus souvent sous la forme d'un clown, personnage idéal pour appâter les gamins et les tuer. Pas entièrement sûrs de l'avoir tué, les enfants font le serment de revenir si jamais «Ca» revenait. Une trentaine d'années plus tard, un des Losers recontacte les autres : «Ca» n'est pas mort. Vont-ils tous honorer leur serment ? Réussiront-ils à être aussi solidaires que quand ils étaient enfants ? Voilà pour le pitch.

 

Le roman fut publié en 1986. Un premier téléfilm fut diffusé en 1990. Un téléfilm en deux parties (enfants/adultes). Ce téléfilm respectait la timeline du livre : années 50 / années 80. Pour ce nouveau film de 2017, la timeline a changé : la période des enfants est 1989, et c'est de cette période qu'il s'agit dans ce (premier) film. Pas de flashbacks adultes/enfants comme dans le téléfilm de 1990. Le deuxième film (prévu pour 2019) devrait donc se passer à notre époque.

 

 

En 1989 j'avais à peu près le même âge que les personnages du film de 2017, du coup je me suis réellement bien identifié et j'étais direct dans le bain. Dans le bain au point d'en perdre un peu mon objectivité, je préfère le dire. Je me suis promené avec des potes aux USA dans les années 80, on s'est baladé sur les mêmes vélos, on a vu les mêmes films, et mettre de côté ma nostalgie de cette époque est assez compliqué pour moi.

 

Le développement du film remonte à 2009. Plusieurs scénaristes, plusieurs réalisateurs, ça a été un peu le bordel jusqu'en 2015, année où Andy Muschietti put mettre en route le projet. J'ai fait une note en avril dernier à ce sujet, avec mes espoirs, mes craintes et d'autres trucs, vous pouvez la lire ici : http://www.acupoftim.com/2017/03/ca.html

 

 

Après avoir vu le premier trailer, j'étais un peu dubitatif, car certaines choses paraissaient très cool (l'amitié entre les personnages, le visuel bien foutu etc) mais d'autres me faisaient peur, et on va en parler tout de suite : les jumpscares. Ces foutus jumpscares que l'on voit venir à dix kilomètres avec un son qui monte, qui monte, puis «BOUM ! C'est là qu'il faut avoir peur, mec ! On fait un gros bruit exprès pour te l'indiquer !» Je me disais que ce n'était qu'un trailer, et qu'avec de la chance il n'y en aurait pas partout. A l'arrivée, autant le dire d'emblée, il y en a trop. C'est trop bruyant, et ça fait chier au point que je me souviens m'être dit à certains moments «Et merde, ayé, le son va monter et ça va nous péter les oreilles…» Et ce fut le cas. M'y étant un peu préparé, ce fut moins pénible que prévu, mais quand même, c'est assez pénible de subir ces jumpscares un peu partout alors que l'histoire ne réclame pas cela du tout. Peut-être que je suis trop vieux pour ces conneries, je sais pas, pour moi apercevoir un mec sur votre balcon au 4eme étage à 6h du mat est mille fois plus flippant que visiter une maison hantée où il se passe des choses très très bruyantes et très très sanguinolentes.

 

Il y a quand même de belles surprises dans ce film. En fait, c'est bien simple, dans «Ca», ce qui est bien est très bien, et ce qui est chiant est très chiant. Première belle surprise : pas de flashbacks adultes/enfants. On passe donc 2h15 en compagnie des Losers, contrairement à la petite heure et demie de 1990, heure et demie entrecoupée de flashbacks… 2h15 avec des personnages un peu plus fouillés. Leur amitié passe très bien, il leur arrive plus de choses, tout est plutôt bien développé, et cela laisse même de la place à des choses ne figurant pas dans le livre, mais apportant plus de réalisme et de maturité. Evidemment, ces «choses», sur une échelle de terreur allant du vert au rouge écarlate, sont situées au niveau «magenta» : c'est too much les mecs ! Quelle déception de se retrouver à rire en plein ciné et de s'entendre dire «Ha ha, c'est n'importe quoi !» alors qu'on est censé être terrorisé… C'est trop demandé un peu de subtilité ? Ci-dessous la maison de Neibolt Street et son look désolant de maison hantée "Disney". (Il ne manque que les corbeaux, les citrouilles et un épouvantail... Arf.)

 

 

Je reviens aux gamins : ceux de 1989 ne sont pas les gamins de 1950. Ils sont moins naïfs qu'un enfant de 1950 sur plein de sujets (rapport à l'autorité, au sexe, aux autres enfants etc) et c'est plutôt cool car ils sont comme ça dans le livre, qui se passe en 1958, mais que le téléfilm de 1990 avait dépeint de façon trop angélique. Cette fois-ci on a le «vrai» Club des Losers. Richie est top, Eddie est magnifique et un grand bravo au réalisateur pour le personnage de Beverly, dépeinte comme une sainte nitouche dans le téléfilm de 1990, et cette fois-ci collant parfaitement à celle du livre : «badass», comme on dit, même si un truc à la fin m'a énervé (je ne dirais pas quoi, je ferais une critique avec spoilers plus tard). Il y a cependant quelques déceptions concernant d'autres personnages, des choix scénaristiques énigmatiques qui (je l'espère) seront expliqués dans la version longue.

 

Vis-à-vis de l'œuvre originale, le film prends *beaucoup* de libertés : certaines choses sont modifiées, d'autres sont absentes, d'autres sont carrément nouvelles, et même si je fus très heureux d'être surpris (moi qui m'attendais à venir en terrain connu) je fus déçu de certaines modifications qui m'apparaissent un peu inexplicables, et qui étaient pourtant parfaites (et à leur place) dans le téléfilm de 1990. Je ne dirais évidemment pas quoi pour ne pas spoiler, mais surtout, chacun peut avoir un avis différent. Bon, en fait c'est un mixed bag : certains trucs que je trouvais bien ont été changés, d'autres que je trouvais nulles ont été conservés… C'est vraiment étrange de se retrouvé à la fois très enthousiaste et dans le même temps déçu. Mais bon, le téléfilm de 1990 avait également son lot de déceptions, alors quoi ? Alors il reste le livre, tout va bien.

 

 

Tout le monde parle d'un remake (au sens péjoratif), et c'en est bien un : ils ont «refait» le truc : ce n'est pas un copié-collé, certains sont choix sont assez surprenants, voire radicaux. Evidemment, si on est un puriste genre «C'est nul car dans le livre ça se passe de telle façon» on peut tomber de sa chaise, mais moi je n'ai pas de souci avec le fait de voir un truc se passer dans un lieu différent, avec des personnages et des séquences différentes, pourvu que l'esprit demeure. Et l'esprit, malgré les jumpscares, malgré le coté «too much» de pas mal de scènes, l'esprit est là, c'est bel et bien le «Club des Losers» que l'on a en face de nous. Ouf.

 

Mon reproche serait que le film a le défaut de sa qualité : tout est plus grand. Ce qui était un verre de sang dans le téléfilm de 1990 est devenu une baignoire remplie à ras bord en 2017. Très peu de musique ou pas de musique est devenu «de la musique partout, qui annonce trèèèèès bien ce qui va se passer». Pennywise subit le même traitement. En 1990 il avait un look de clown tout à fait réel qui contrastait pas mal avec ce qu'il était en réalité, et qui fait que plein de gosses ont été traumatisés. En 2017 il fait déjà super peur, ce qui fait qu'il n'y a pas de contraste ou de surprise : le clown au look très méchant est… très méchant. Super.




 

Pour la première scène, c'est du coup un désastre. Je ne pense spoiler personne en parlant de quelle scène je parle. En 1990 cette scène passait très bien car ce n'était pas banal de tomber sur un clown marrant dans une bouche d'égout. Dans le film de 2017, il pleut encore plus, le clown fait encore plus peur, et ce qui se passe avec Georgie est encore plus gore. (Et en toute logique, un gamin de 1989 voyant un clown ultra-flippant dans une bouche égout ne fait qu'une seule chose : il se barre.) Cerise sur le gâteau : la mère de Bill, qui est censée jouer la "Lettre à Elise" ce jour-là, joue un air lugubre "parce qu'il faut que ce soit lugubre". Quel dommage, à croire que la scène du Silence des Agneaux où Hannibal Lecter a du sang plein la bouche et écoute de la musique classique n'a rien enseigné... Le CONTRASTE, les mecs, le CONTRASTE ! Le décalage !

 

Ce traitement ultra-creepy fonctionne cependant très bien dans d'autres situations. Là où le téléfilm de 1990 faisait plus rire qu'autre chose, cette fois-ci on ressent le danger. C'est souvent violent, voire très violent, et même trop au point que Pennywise ne parait pas un si grand danger comparé à d'autres personnages du film (je ne vous dit pas lesquels, vous verrez vous-mêmes). Il m'est arrivé plusieurs d'avoir plus peur de personnages «normaux» que de Pennywise. Etonnant, non ? Oui, mais dommage, en fait.

 

 

Voilà ma critique principale : tout est too much, et c'est autant un défaut (pour les raisons citées plus haut) qu'une qualité : les relations entre les Losers sont vraiment, vraiment chouettes. Je me répète beaucoup sur le coté too much et le coté «Le Club des Losers est parfaitement représenté», mais c'est une grande frustration que d'apprécier la subtilité du regard de Beverly en direction de Ben dans telle scène, puis subir les outrances sonores de la séquence suivante.

 

Dans le film «Halloween» la maison de Michael Myers est d'une banalité absolue, mais elle file la pétoche à cause de ce qui s'est passé. C'est CA qui fait peur. C'est d'être dans une maison vide, entièrement vide, et de s'imaginer ce qui s'y est passé et de flipper que le tueur soit pas loin. Pas de visiter une maison hantée ayant un look de train fantôme de fête foraine et d'y trouver exactement TOUT ce à quoi on s'attend, et en plus au moment où l'on s'y attend car la musique nous le dit.

 

Le plus important : est-ce que j'ai envie de voir ce film à nouveau ? Oh, oui, avec plaisir. Parce que malgré ses défauts, c'est chouette d'être en compagnie des Losers. L'esprit est là. Ce n'est pas le film que j'attendais, mais ce que j'avais le plus aimé dans le livre est bien présent. L'amitié, la solidarité, combattre un esprit démoniaque… Tant pis pour le reste. Et peut-être qu'un deuxième visionnage me fera changer d'avis sur d'autres choses. En tout cas voilà mon opinion après l'avoir vu une fois au cinéma. Faites-vous votre idée en allant le voir vous-même !

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Tim
commenter cet article

commentaires

Romain 08/10/2017 01:13

Une belle crirtique ! Et même si pour te suivre depuis un moment je peux me dire qu'il y a une pointe de subjectivité dans tes propos, je me suis retrouvé dans cette chronique, très pertinente !
Et cette maison, ah cette maison "disney", comme tu l'a souligné... le spot que tu avais visité pour glauque land et qui te rappelais l'antre de "ça" aurait fait un bien meilleur décor ^^
En tous cas c'est toujours un plaisir de passer sur ton site ; )

Emilie 27/09/2017 10:11

Bonjour,

je découvre ton blog via cette critique de ça .. je voulais juste apporter ma petite pierre : en ce qui me concerne, je n'ai pas aimé le film .. je suis une inconditionnelle fan du roman, cependant, je n'aurais pas été contre des changements (la preuve j'ai aimé la Tour sombre) si ceux apportaient quelque chose à l'histoire, ce qui n'est pas le cas ici (pour moi).
j'ai trouvé le film très esthétique, on es effrayé par moment (et encore, comme dit on le voit venir) mais beaucoup trop "too much" : on n'a pas peur.
et puis franchement, la fin m'a sidérée (je n'en dirais pas plus pour ne pas spoiler)
bref, je pense qu'après ce film, je vais définitivement arrêter les adaptation et m'en tenir aux oeuvres originelles..
Cependant, même si j'ai trouvé les personnages un peu vieux (j'aimais la candeur des enfants de 1958, même dans le livre) les acteur étaient bien, j'ai ADORE la bataille de cailloux et mention spéciale pour la Tortue ;) je suis sûre que c'est une attention de S. KING pour les fans !

Angelilie 25/09/2017 17:55

beau blog. un plaisir de venir flâner sur vos pages. une belle découverte et un enchantement. un blog très intéressant. J'aime beaucoup. je reviendrai. N'hésitez pas à visiter mon blog (lien sur pseudo). au plaisir

jackmarcheur 25/09/2017 16:39

De rien mon poto, Indianagilles est un tueur concernant les repacks français, il est très pointilleux sur les VF ! (en vrai c'est un taré, mais je l'adore !). Son blog est superbe (comme le tien d'ailleurs)
Hey, comment tu spoiles le livre !!!! tu devrais cacher ça, avant que ceux qui ne l'ont pas lu soient dég' ! Bon perso je viens de relire la fin, qui m'a donné les larmes au yeux (la scene avec Audra) et la scène avec Bev, qui est une très belle scène, mais c'est vrai un peu bizarre...

Un truc que j'adore dans le livre, c'est la structure aller retour dans le temps, et je pense que King a été influencé par l'écriture de Evan Hunter avec son magnifique livre sorti en 1959 : LE TEMPS DU CHATIMENT
https://www.babelio.com/livres/McBain-Le-temps-du-chatiment/375447
La structure des 2 romans est à peu près la même, et à ma connaissance , il n'y a pas d'autre livre ayant cette structure (si quelqu'un en connait d'autre, je suis preneur).
Evan Hunter est plus connu sous le pseudo de ED MC BAIN l'auteur des Chroniques du 87 eme district, plus de 50 tomes, et c'est assez génial.
King est forcément fan de Mc Bain car il fait allusion au héros du 87e district au détour d'une phrase dans la version longue de LE FLEAU : "Steve Carella pouvait aller se faire foutre" (ou un truc comme ça, je cite King de mémoire dans Le Fléau).

Bon voilà c'est pour étaler ma science...

Ce dont j'ai hâte, c'est de voir la tête de Bev dans la nouvelle version de IT ! ^^

jackmarcheur 25/09/2017 16:39

De rien mon poto, Indianagilles est un tueur concernant les repacks français, il est très pointilleux sur les VF ! (en vrai c'est un taré, mais je l'adore !). Son blog est superbe (comme le tien d'ailleurs)
Hey, comment tu spoiles le livre !!!! tu devrais cacher ça, avant que ceux qui ne l'ont pas lu soient dég' ! Bon perso je viens de relire la fin, qui m'a donné les larmes au yeux (la scene avec Audra) et la scène avec Bev, qui est une très belle scène, mais c'est vrai un peu bizarre...

Un truc que j'adore dans le livre, c'est la structure aller retour dans le temps, et je pense que King a été influencé par l'écriture de Evan Hunter avec son magnifique livre sorti en 1959 : LE TEMPS DU CHATIMENT
https://www.babelio.com/livres/McBain-Le-temps-du-chatiment/375447
La structure des 2 romans est à peu près la même, et à ma connaissance , il n'y a pas d'autre livre ayant cette structure (si quelqu'un en connait d'autre, je suis preneur).
Evan Hunter est plus connu sous le pseudo de ED MC BAIN l'auteur des Chroniques du 87 eme district, plus de 50 tomes, et c'est assez génial.
King est forcément fan de Mc Bain car il fait allusion au héros du 87e district au détour d'une phrase dans la version longue de LE FLEAU : "Steve Carella pouvait aller se faire foutre" (ou un truc comme ça, je cite King de mémoire dans Le Fléau).

Bon voilà c'est pour étaler ma science...

Ce dont j'ai hâte, c'est de voir la tête de Bev dans la nouvelle version de IT ! ^^